mardi 14 mai 2019

Quand arrive le progrès...


Source : Les poêles d'antan
Qui ne se souvient des grosses cuisinières au bois qui ornaient nos cuisines d'antan. 

Elles avaient bien sûr l'avantage de chauffer une partie de la maison durant l'hiver, mais quel enfer durant les 3 autres saisons.

Elles faisaient régner une telle chaleur que bien des maisons se sont dotées de «cuisines d'été» bien aérées pour soulager les mamans attachées à leur fourneau.

De plus, il fallait les surveiller en permanence, s'assurer qu'elles avaient assez de bois mais pas trop et on ne pouvait guère s'éloigner de crainte de voir le feu s'éteindre doucement.

Par ailleurs, rien de plus salissant que de transporter le bois de chauffage : il se trouve toujours de la poussière, des brins de sciure ou d'écorce pour tomber tout le long du chemin entre la «corde» et le poêle.

Bref, la cuisinière au bois imposait un véritable esclavage.

Mais voilà qu'à fin des années 1940 nous arrivent des cuisinières électriques.

Finies la chaleur étouffante, la saleté omniprésente, l'impossibilité de s'éloigner.

En tout cas c'est désormais ce que chante la publicité...

Le Canada Français, 12 mai 1949


mardi 7 mai 2019

NAPIERVILLE PERD SON COMTÉ…



La dégringolade semble sans fin.

Au moment de la confédération, le Québec comptait le district électoral Napierville, dont le village du même nom était chef-lieu, ce qui lui assurait un prestige certain.

En 1923, pourtant, la carte électorale étant révisée pour mieux s’ajuster aux déplacements de population, le district de Napierville est fusionné avec celui de Laprairie, et le village perd son statut de chef-lieu de comté, une rebuffade qui fut longue à avaler.
 

Le Canada Français, 4 mai 1939

Mais à peine 16 ans plus tard, nouveau chambardement : Laprairie est rattaché à Châteauguay tandis que Napierville est noyé dans celui de Saint-Jean pour disparaître complètement de la nomenclature des comtés, deux ans plus tard, en 1941.

Assez curieusement, la MRC qui a à peu près la superficie de l’ancien comté de Napierville s’appelle les Jardins de Napierville, du nom de l'ancien comté et donc source d’immenses méprises.

Beaucoup de personnes pensent que le nom de la MRC réfère à l’actuel village de Napierville, enclavé dans le village de Saint-Cyprien-de-Napierville, alors qu’il réfère à un district électoral disparu depuis longtemps.

La même méprise touche le village de Saint-Cyprien-de-Napierville, dont le nom réfère aussi à l’ancien comté plutôt qu’au village enclavé.

Les autres municipalités qui étaient affublées de l’extension Napierville au bout de leur nom s’en sont débarrassées à la première occasion, mais pas Saint-Cyprien, pour des raisons mystérieuses, de telle sorte que nombre de personnes mal informées pensent que les deux villages n’en forment qu’un seul ou, pire, que Saint-Cyprien est subordonné à Napierville.

Tout cela parce qu’on a négligé d’adapter le nom de Saint-Cyprien aux circonstances nouvelles.

mardi 30 avril 2019

LE QUÉBEC DOUBLE DE SUPERFICIE



En ce 30 avril 1909, le Canada français a le cœur à la joie.

C’est que, journal libéral, il fête un geste
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particulièrement remarquable du premier ministre – libéral – du moment : Lomer Gouin.
Ce dernier vient en effet d’annoncer l’annexion, par son gouvernement, de ce que l’on appelle à l’époque le Grand Nord ou l’Ungava.


Il s’agit d’une prise de 650 mille kilomètres carrés, ce qui double le territoire du Québec et lui assure l’accès à d’immenses richesses forestières et minières.
Canada français, 30 avril 1909


Peuplé par quelques petites bandes d’Inuit et d’Innus, peu exploré par les Blancs, ce territoire paraît empli de promesses.

Constatant que l’Ontario avait étendu son territoire jusqu’à l’océan arctique, Lomer Gouin a résolu d’en faire autant et d’arracher l’accord d’Ottawa, ce qu’il a réussi de haute main.

Ces félicitations vont cependant virer à l’amertume, en 1927, lorsque Londres va arracher tout le Labrador au Québec pour le donner à sa propre colonie pas encore intégrée au Canada : Terre Neuve.
(1)

Un tribunal britannique devait en effet décider entre les prétentions du Québec et celles de sa colonie.

En litige : l’interprétation d’une clause des traités anciens qui accordait aux pêcheurs anglais accès à la côte pour faire sécher leurs poissons.

Le tribunal, dont deux juges avaient des intérêts économiques au Labrador, a jugé que l’accès à la côte s’étendait jusqu’à la ligne de partage des eaux…

D’un trait de plume – intéressé – Londres amputait le Québec d’un territoire de 295 mille kilomètres carrés, de quoi inculquer un fort sentiment d’injustice qui dure jusqu’à nos jours.

Quant à Ottawa, jamais content de complaire totalement au Québec, il a fait durer les tractations jusqu’en 1912 et a limité le nouveau territoire à la côte de l’océan arctique, privant le Québec de l’accès au plateau continental et aux îles côtières, manière, sans doute, de susciter la gratitude…
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(1) Source : Wikipédia

mardi 23 avril 2019

ENCORE DE L’EAU DU ROBINET IMBUVABLE…


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Saint-Jean a malheureusement une fort longue histoire de négligence envers son eau potable et dès le début du 20e siècle, des épidémies étaient déclenchées par la mauvaise qualité de l’eau distribuée aux citoyens[1].
On aurait pu croire – ou du moins espérer – que les calamités passées auraient incité à mieux prévenir les calamités futures, mais en 1979, il n’en a encore rien été.
3

En ce printemps 1979, en effet, l’usine de filtration de l’eau potable a été paralysée durant deux jours, car sa conception est défectueuse et son entretien a été trop longtemps négligé.
Pire encore, on apprend que deux ans plus tôt, un cri d’alarme avait été lancé dans un rapport d’inspection d’Environnement Québec, et rien n’a  alors été fait pour corriger les graves lacunes notées.
Pourtant, ces lacunes n’ont rien de banal.
D’abord, la prise d’eau se trouve dans le Richelieu, dans les eaux mortes sous la marina, ce qui garantit une eau de mauvaise qualité, exposée en outre aux risques de déversements de produits pétroliers.
Ensuite, le premier traitement, qui consiste à faire décanter les particules les plus volumineuses, n’est à peu près pas fonctionnel ce qui signifie que les filtres qui viennent ensuite, loin de procéder au « polissage final » du traitement, en sont réduits à exécuter la tâche abandonnée par les décanteurs.
Pire encore, les effluents du nettoyage de ces divers éléments sont rejetés dans… les eaux mortes sous la marina et reviennent donc à la prise d’eau.
Et… bouquet final, on apprend que les analyses en laboratoire de la qualité de l’eau étaient interrompues durant l’été, pendant les vacances du personnel.
Il y avait là tout ce qu’il fallait pour rassurer la population.

mardi 16 avril 2019

LE CANAL MANQUANT...




De tout temps, le riche marché des États-Unis a été ciblé par des entrepreneurs de toutes sortes décidés à y chercher fortune.


Les entreprises québécoises étaient évidemment du lot, mais devaient bien sûr y affronter la rude concurrence de fournisseurs venus d’un peu partout et notamment d’Europe.


En ce printemps 1949, ce sont surtout les vendeurs de papier journal scandinaves qui suscitent l’inquiétude.


Songez : les coûts de production du papier sont à peu près équivalents en Finlande, en Norvège et au Québec, mais grâce aux faibles coûts du transport maritime, ces deux pays scandinaves peuvent livrer aux États-Unis à des prix comparables au papier québécois livré lui, à coût plus élevé, par voie ferroviaire.


Bref, pour affronter victorieusement cette concurrence scandinave, il faudrait pouvoir compter sur la voie du Richelieu, mais telle qu’elle se trouve à l’époque, celle-ci ne permet d’acheminer que de très faibles quantités de marchandises.


Le commentateur Jean Frédérick s’en plaint amèrement…


                                                                             Canada français, 14 avril 1949

mardi 9 avril 2019

LACOLLE EN TUTELLE…



Décidément, la vie démocratique connaît des rebondissements incessants à Lacolle, avec notamment valse des directeurs généraux, maire suspendu avant la fin de son mandat, affrontements entre les conseillers et le maire.
Cette tradition existait déjà en 1989 avec carrément la mise en tutelle de la municipalité, cette fois-ci  en raison de conflits d’intérêts allégués.
Le tout a débuté par l’initiative d’un organisateur libéral bien connu, l’ingénieur Réal Boucher.
Boucher a invité - à ses frais soutient-il - la mairesse Andrée Lamarre et deux de ses conseillers à un souper-bénéfice du parti et les a traités aux petits oignons.
Puis, quelques jours après, n’oubliant pas son esprit d’entreprise, il a offert ses services à la municipalité dans le dossier de l’assainissement des eaux..
 À la séance suivante du Conseil municipal, il obtenait, sur division du vote, l’accès privilégié au fichier de Lacolle détenu par la Société québécoise d’assainissement des eaux.
Or, ce début de contrat a inquiété deux conseillers qui ont crié au conflit d’intérêt et, lors du caucus suivant, des conseillers n’ayant pas profité des largesses de M. Boucher, ont demandé, mais en vain, la démission de la mairesse et des deux conseillers qui l’avaient accompagnée chez les Libéraux.
La situation a continué de pourrir au point où tous les conseillers ont démissionné, sauf les deux ayant accompagné la mairesse.
La situation étant devenue si chaotique, Québec n’a eu d’autre choix que d’imposer la tutelle.
Pour sa part, la mairesse a refusé de démissionner, alléguant que tous ces ennuis étaient liés au fait qu’elle était femme, ce qui n’aurait pas été accepté par ses pairs…



lundi 1 avril 2019

NOUVELLES RÈGLES



En notre siècle éclairé, les populations sont devenues fort sensibles aux malheurs d’autrui, autrui incluant de plus en plus nos «frères» les animaux  et nos «sœurs » les plantes.

Éminemment attentif à ces tendances, le gouvernement vient d’édicter de nouvelles règles en matière de pêche.

Sachant que les hameçons blessent cruellement les gueules qui s’y laissent prendre et que les filets génèrent une angoisse insupportable chez leurs victimes, nos élus viennent tout bonnement d’interdire ces techniques de pêche « barbares» avec entrée en vigueur en ce jour-même…









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