Grande émotion
en ce premier juin 1978 à l’Assemblée nationale.
Source : Assemblée nationale |
Jérôme Proulx,
député de Saint-Jean et whip en chef (sorte de préfet de discipline) du Parti
québécois au pouvoir, vient de déposer une proposition très contestée et il a déclenché
une tempête dans les troupes d’opposition.
Constatant de
forts taux d’absentéisme dans les rangs des élus, il a proposé d’assouplir les
règles du QUORUM afin d’éviter que les travaux parlementaires soient bloqués
simplement par le manque du minimum
de députés requis par le règlement.
Surtout, a-t-il
remarqué, que les députés libéraux s’entendent pour prononcer des discours tellement
soporifiques que même les députés les plus aguerris ne résistent pas toujours à
l’envie pressante d’aller voir ailleurs, ce qui permet alors de soulever la
question du quorum et de bloquer les travaux.
À son avis,
l’Assemblée nationale doit s’adapter aux nouvelles mœurs et elle pourrait fort
bien vivre avec un quorum limité à 6 pour cent du nombre total d’élus alors que
le règlement exige alors un niveau de présences de 27 pour cent.
M. Proulx explique que les institutions
parlementaires québécoises sont issues de celles de l’Angleterre et que,
là-bas, le quorum est justement fixé à 6%.
Il ne voit pas
pourquoi l’imitation des institutions britanniques n’irait pas jusque là.
Il ajoute
qu’avec son quorum, le Québec fait figure de dinosaure alors que la majorité
des provinces canadiennes ont un quorum plus faible et qu’Ottawa se contente de
8%.
Autrement dit,
toutes ces législatures semblent fonctionner correctement sans se corseter dans
des règles exagérément coercitives.
Malgré ces bons
mots, il faudra attendre 1982 pour que le règlement soit amendé et le quorum
ramené, non pas à 6%, mais seulement à 17%.
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RÈGLES DE FONCTIONNEMENT DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE |
Les problèmes de
fonctionnement ne semblaient pas aussi aigus aux autres élus qu’à M. Proulx.