En ce 12
décembre 1958 décède à l’Hôtel-Dieu de Montréal le célèbre docteur Roméo
Rochette, fondateur et chef du service d’anesthésie de ce même hôpital.
Né dans la
paroisse de Saint-Cyprien-de-Napierville en 1895, Roméo Rochette était fils et
petit-fils de médecins.
C’est donc
presque « naturellement » qu’après de brillantes études au Collège de
Montréal il s’inscrit à la Faculté de médecine de l’université de Montréal (qui
vient tout juste de se détacher de l’université Laval de Québec) où il décroche
son doctorat en médecine (M.D.) en 1922.
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Hôtel-Dieu Source : Jacques Nadeau - Le Devoir |
Interne à
l’Hôtel-Dieu dès 1921, il devient chef interne 3 ans plus tard avant de se
faire offrir un poste non rémunéré d’assistant anesthésiste toujours au même
hôpital.
Pour arriver à
boucler son budget, il se voit toutefois forcé de renoncer quelque peu à cette
spécialisation et d’ouvrir un cabinet de médecine générale, expérience qui lui
déplaisait et dont le tire l’anesthésiste de l’hôpital, le docteur Charles
Larocque.
Celui-ci lui
offre en effet en 1927, une rémunération suffisante qui rendait son cabinet
superfétatoire et qui lui permettait de se consacrer à temps plein à
l’anesthésie, discipline tout à fait nouvelle à l’époque et qui pose alors ses
solides fondations scientifiques.
Il s’agissait en
fait de remplacer le docteur Adrien Larose, bras droit officiel de Larocque,
mais bras droit tellement diminué par la maladie qu’il est presque
perpétuellement absent.
Rochette déploie
alors dans son nouveau poste un tel enthousiasme, un tel dévouement envers les
patients et un tel souci de suivre au plus près les découvertes et les percées
technologiques dans son domaine de prédilection qu’en 1934, après la mort de
Larocque et de Larose, il devient bien entendu le chef anesthésiste de
l’établissement.
En fait, c’est
un véritable service d’anesthésie qu’il fonde alors et auquel il va assurer une
très grande réputation.
À un point tel,
d’ailleurs, qu’en 1943, lorsque les anesthésistes de l’époque décident de se
doter d’une association professionnelle – la Société canadienne des anesthésiologistes – Roméo Rochette en
devient vice-président fondateur, ce qui illustre bien la cote d’estime dont il
jouissait auprès de ses pairs.
C’est peu de dire
que son décès en 1958, à 63 ans, a été durement ressenti par toute la
profession, car c’était un pan entier de sa construction et de son histoire qui disparaissait ainsi.