Avant même leur déclaration
d’indépendance en 1776, les États-Unis entretenaient déjà des relations
diplomatiques, avec notamment Benjamin Franklin, posté en Europe.
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Benjamin Franklin |
C’est peu de
dire qu’ils ont étendu cette administration une fois leur indépendance acquise.
Leurs services
consulaires se sont rapidement accrus au milieu du 19e siècle, et
Saint-Jean se trouvant sur l’importante voie commerciale reliant New York à
Montréal, via l’Hudson, le lac Champlain et le Richelieu, était devenu un nœud
économique important.
Si important que
Washington y a établi un consulat dès 1865.
La création de
ce consulat était quelque peu paradoxale, car à cette époque le Canada
n’existait pas comme pays, mais était simplement une colonie britannique dont
toutes les relations diplomatiques étaient pilotées de Londres.
Néanmoins,
l’importance des liens économiques entre les deux entités a justifié cette
« entorse », entorse qui semble avoir été hautement appréciée des
hommes politiques et des marchands de Saint-Jean et d’Iberville, comme le
montre une grande fête organisée pour marquer le départ
du consul Henry Clay
Fisk.
Fisk avait déjà
une longue carrière politique derrière lui lorsque le président William Henry
Harrison le nomma en poste à Saint-Jean en 1889.
Il y restera
jusqu’en 1893 et c’est en prévision de son départ que le maire de Saint-Jean
James O’Cain, celui d’Iberville Eusèbe Chevalier et le député de Saint-Jean
Félix-Gabriel Marchand ont organisé une cérémonie somptueuse à l’hôtel du
Canada.
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Hôtel du Canada |
Il sera
immédiatement remplacé par le consul Thomas Keefe et par quelques autres jusqu’en
1925, année durant laquelle le consulat est supprimé.
C’est que le Canada
grandit en stature et, en 1926, à la suite de la déclaration Balfour, Londres affirme
la pleine souveraineté de toutes ses anciennes colonies.
C’est le signal
d’un total réarrangement des relations entre Washington et Ottawa et, en 1927,
les Etats-Unis reconnaissent formellement l’existence du Canada comme État indépendant
et maître de ses relations internationales.
À cette époque,
le bateau a été largement remplacé par le train et Saint-Jean n’est plus guère une
tête de pont marchande. Le
consulat ne sera jamais rétabli.
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N.B. Toutes les photos sont tirées d'internet.