mardi 30 juillet 2019

DES VAMPIRES À SAINT-JEAN ?



En ce mois de juillet 1899, l’heure est grave à Saint-Jean et on peut déceler la menace d’une panique généralisée.
 
C’est que la ville et ses environs semblent envahis par des espèces de bêtes qui apparemment sautent à la gorge des gens pour en sucer le sang, tout à fait à la manière des vampires.

On lui a d’ailleurs déjà attribué un nom vernaculaire – en anglais comme il va de soi.

On ne parle plus, à Saint-Jean, que de cette invasion de strangling bugs, les bibittes étrangleuses, car plusieurs villes des États-Unis connaissent le même genre d’invasion et les mêmes inquiétudes.

Chose étonnante toutefois : bien peu de gens en ont vu et encore moins sont capables de décrire ces envahisseurs.

Il y a bien eu au moins une capture toutefois, due au bijoutier G.T. Labelle, de la rue Richelieu, capture tellement rare qu’elle est même mentionnée par le Canada français du 28 juillet…

Vérification faite, l’insecte si craint est en fait un léthocère d'Amérique (Lethocerus americanus) aussi connu sous le nom de punaise d’eau géante.


Il vit dans les milieux aquatiques où il se nourrit de crustacés, de poissons et d’amphibiens.  

Avec son appareil buccal, il mord sa victime, lui injecte une puissante salive digestive qui détruit les tissus musculaires puis il aspire le contenu liquéfié, d’où sa réputation de vampire.

Il ne s’attaque généralement pas aux humains, mais est attiré par la lumière et comme l’éclairage des rues commençait à Saint-Jean…

Une fois identifié, le « monstre » a cessé d’inquiéter, mais il est bon de savoir que sa morsure est la plus douloureuse que puisse infliger un insecte.

Il vaut mieux éviter.

mardi 23 juillet 2019

CHAMBLY


Fort de Chambly       source :Wikipédia

Été 1979.  Ottawa annonce enfin son intention de remettre en valeur le fort de Chambly, qu’il a si longtemps oublié, et de lui redonner autant que possible l’allure qu’il avait vers la fin du régime français.
On se souviendra que le premier fort, en rondins, a été érigé en 1665 par un détachement du régiment de Carignan sous le commandement de Jacques de Chambly et que le fort de pierre, lui, a été construit de 1709 à 1711 pour faire face à la guerre qui faisait alors rage en Amérique du Nord. 
Conçu pour résister à des tirs d’artillerie légère, il perdra sa vocation proprement militaire à compter de 1731 pour servir essentiellement d’entrepôt jusqu’à la catastrophe de 1760.
Les forces d’occupation anglaises s’en serviront assez peu et en 1851 il sera officiellement abandonné, ce qui a donné le signal de sa dégradation accélérée.

C’est alors qu’entre en jeu un fils de Chambly Bassin, Joseph-Octave Dion (1838-1916).
Ayant entamé une carrière de journaliste à Montréal, il se fait nommer correspondant de La Minerve à Chambly en 1866.
Déjà très soucieux de la préservation et de la valorisation de la culture canadienne-française, il se scandalise de l’état de dégradation du fort, pourtant haut lieu de l’histoire locale et nationale de son peuple.
Sa vocation est née : il va consacrer le reste de ses jours à la conservation de ce bijou déclassé.
Il va donc s’instituer gardien de l’ouvrage, s’y installer à demeure et organiser des visites commentées tout en sollicitant les mécènes privés pour financer les travaux nécessaires.
Pour mieux faire connaître cette richesse insoupçonnée, il va publier en 1875 un guide officiel intitulé Notes archéologiques : le Fort de Chambly, 1709 à 1760.
Source : archive.org
Parallèlement à cette œuvre, il lance en 1879 l’idée d’ériger une statue en l’honneur de Charles-Michel d'Irumberry de Salaberry, seigneur de Chambly-Ouest et héros de la guerre de 1812 contre les Étatsuniens.
En inaugurant le monument, en 1881, il réussit à convaincre les fédéraux de mettre la main à la pâte et de consacrer des fonds publics au maintien du vieux fort.
Il aura réussi presque tout seul à conserver pour l’avenir ce trésor du passé et il aura fallu attendre 1979, 63 ans après le décès de M. Dion, pour qu’Ottawa se réveille et accepte de reprendre le flambeau…



mardi 16 juillet 2019

ADIEU LE PASSÉ...



Iberville vient de sacrifier un pan entier de son histoire culturelle et sociale.

La ville en effet autorisé, en ce mois de juillet 1949, la destruction du Cercle Saint-Charles, salle paroissiale chargée d’ans et de souvenirs.

Construit en 1906, le Cercle aura successivement servi d’église et de presbytère et aura notamment accueilli assemblées politiques, bazars,  expositions d’artisanat et concerts.

La compagnie de théâtre d’Ernest Thuot et le Cercle dramatique du notaire Rodolphe Fournier[1] y ont présenté nombre de pièces – drames et comédies – qui ont connu d’énormes succès.

Botrel

« Le mystère de Caravel » du célèbre barde breton Botrel y a été monté et on chuchote que la vedette internationale Fernandel serait venue y présenter un tour de chant.
Fernandel

Mais toutes ces réussites n’ont en rien garanti l’avenir et en cet été 1949, le pic du démolisseur a mis fin à cette brillante carrière…

Sic transit gloria mundi…[2]



[1] http://histoirehautrichelieu.blogspot.com/2014/01/la-panegyriste-diberville.html
[2] Ainsi passe la gloire en ce bas monde.
N.B. Les illustrations sont tirées d’internet.

mardi 9 juillet 2019

VASTE DESTRUCTION


En ce mois de juillet 1924, la température est accablante et la canicule ne cesse de battre des records.


C’était peut-être inévitable alors…
 
Source : BAnQ

Sur la place du Marché, se dressait ce que l’on appelle le « Bloc Harbec », un vaste immeuble accueillant une quincaillerie au rez-de-chaussée et une dizaine de logements dans les étages.


Le 5 juillet, vers 6 heures du matin, débutait une combustion d’une rare violence qui avait tout pour rappeler la destruction de tout un quartier de la ville lors du sinistre du 18 juin 1876[1].


La quincaillerie regorgeait bien sûr d’éléments hautement combustibles tels de l’huile et des peintures.


On ne sait si l’embrasement y a débuté, mais on comprend aisément que tout cela alimentait allègrement  les flammes qui menaçaient un bloc entier de maisons.


Très rapidement, le chef Turgeon comprend que même avec l’aide des pompiers des environs, il ne viendra pas à bout de l’élément destructeur et il décide de lancer un  appel à l’aide aux confrères de Montréal.


Ceux-ci arrivent à pied d’œuvre moins d’une heure plus tard et, forts de leur équipement plus puissant, parviennent assez rapidement à maîtriser la conflagration, de telle sorte que dès onze heures ils peuvent repartir vers leur caserne.


Malgré ces efforts héroïques, toutefois, les dégâts sont fort importants et évalués à 85 mille dollars[2], dont environ 40 mille[3] portent sur des biens non assurés.


En effet, c’est le bloc en entier et son contenu qui sont pertes totales, ce qui veut dire évidemment la quincaillerie, mais également les logements et les biens de tous les locataires, dont notamment le policier Joseph Lyon, qui dut faire appel à la générosité de la ville pour pouvoir au moins se racheter un uniforme.


Fort heureusement, le drame n’a causé aucun décès et, fort heureusement, le conseil municipal a consenti un budget pour l’achat d’un nouvel uniforme, mais en ajoutant que dorénavant M. Lyon devrait assurer ses biens…





[1] http://histoirehautrichelieu.blogspot.com/2016/06/feroce-destruction.html
[2] 1 260 000 $ en argent de 2019.
[3] 595 000 $ en argent de 2019

mardi 2 juillet 2019

LES FÊTES CHAMPLAIN



En ce mois de juillet 1909, le Québec s’est uni au Vermont et au New York pour marquer le tricentenaire de la découverte du lac Champlain par Samuel de Champlain[1], géographe, explorateur, fondateur de Québec et premier gouverneur de la Nouvelle-France.


Les célébrations ont été particulièrement enthousiastes dans les villes riveraines du lac et dès le 3 juillet des milliers de personnes se sont assemblées notamment dans les rues de  Swanton pour marquer le coup d’envoi de la « Semaine Champlain ».

Offices religieux et discours de gouverneurs et d’élus divers se succèdent pour marquer cet évènement fondateur de l’Amérique européenne.

Il va de soi que les organisateurs veulent associer les Québécois de la région de Saint-Jean à ces festivités et un convoi ferroviaire spécial est même prévu pour l’occasion, comme le signale cette publicité dans le Canada français du 2 juillet 1909…

Pour sa part, la fanfare du Cercle philharmonique de Saint-Jean s'est déplacée à Plattsburgh pour se joindre aux réjouissances.

Son interprétation de l'ouverture du Guillaume Tell de Rossini ainsi que d'une partie du Faust, de Gounod, lui a valu un triomphe, comme s'en flatte le Canada français du 9 juillet suivant...





[1] http://histoirehautrichelieu.blogspot.com/2014/07/un-coup-de-feu.html