mardi 28 mai 2019

LA FLÈCHE....



En ce beau mois de mai 1949, la chambre de commerce doit arrêter une décision importante.

Il ya bien longtemps qu’elle demande au ministère de la voirie d’installer à Laprairie, là où se rencontrent la route Montréal-Plattsburgh et le chemin Saint-Jean, un panneau indicateur avec flèche pointant vers Saint-Jean dans l’espoir d’y attirer une partie de la circulation.
La flèche, telle qu'elle se présente de nos jours (1)

Voilà que le ministère est tout à fait d’accord, mais à la flèche il veut ajouter les distances à parcourir.

Or, c’est là que le bât blesse, puisque de passer par Saint-Jean ajoute 15 kilomètres au parcours, de quoi décourager peut-être quelques bonnes volontés.

Mais… après mûre réflexion, ce risque semble bien mineur et il est décidé – à l’unanimité – d’accepter telle quelle la proposition du ministère.
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(1) Source : google maps

mardi 21 mai 2019

AU TEMPS DE LA FÊTE DE DOLLARD


Il fut un temps où, pour honorer des personnages plus grands que nature, on créait une nouvelle fête au lieu de remplacer les géants de naguère par les nouveaux arrivants.

C'est ainsi qu'en ce 21 mai 1925, le Canada français rend hommage au héros national Adam Dollard Des Ormeaux et souligne que sa fête – une fête dignement nationale – doit être célébrée avec enthousiasme.


C’est que, à la tête d’une petite poignée de Français et quelques auxiliaires hurons, il a préservé la colonie contre une invasion iroquoise qui se promettait dévastatrice.
 
Source : Wikipédia
Réfugiés dans un fort de rondins en bordure de l’Outaouais, lui et sa troupe ont si vaillamment résisté à une armée iroquoise infiniment plus nombreuse, le 24 mai 1660, qu’ils ont effrayé les assaillants et les ont dissuadés de s’en prendre à Montréal puis à Québec.

Pour le moment, la colonie était sauvée par ces preux combattants qui ont péri en sauvant les leurs.

Cette fête a été marquée jusqu’en 2002.  Cette année-là, elle fut remplacée par la Journée nationale des Patriotes, afin de n e pas heurter la sensibilité des Iroquois… et Dollard n'est même plus célébré.

mardi 14 mai 2019

Quand arrive le progrès...


Source : Les poêles d'antan
Qui ne se souvient des grosses cuisinières au bois qui ornaient nos cuisines d'antan. 

Elles avaient bien sûr l'avantage de chauffer une partie de la maison durant l'hiver, mais quel enfer durant les 3 autres saisons.

Elles faisaient régner une telle chaleur que bien des maisons se sont dotées de «cuisines d'été» bien aérées pour soulager les mamans attachées à leur fourneau.

De plus, il fallait les surveiller en permanence, s'assurer qu'elles avaient assez de bois mais pas trop et on ne pouvait guère s'éloigner de crainte de voir le feu s'éteindre doucement.

Par ailleurs, rien de plus salissant que de transporter le bois de chauffage : il se trouve toujours de la poussière, des brins de sciure ou d'écorce pour tomber tout le long du chemin entre la «corde» et le poêle.

Bref, la cuisinière au bois imposait un véritable esclavage.

Mais voilà qu'à fin des années 1940 nous arrivent des cuisinières électriques.

Finies la chaleur étouffante, la saleté omniprésente, l'impossibilité de s'éloigner.

En tout cas c'est désormais ce que chante la publicité...

Le Canada Français, 12 mai 1949


mardi 7 mai 2019

NAPIERVILLE PERD SON COMTÉ…



La dégringolade semble sans fin.

Au moment de la confédération, le Québec comptait le district électoral Napierville, dont le village du même nom était chef-lieu, ce qui lui assurait un prestige certain.

En 1923, pourtant, la carte électorale étant révisée pour mieux s’ajuster aux déplacements de population, le district de Napierville est fusionné avec celui de Laprairie, et le village perd son statut de chef-lieu de comté, une rebuffade qui fut longue à avaler.
 

Le Canada Français, 4 mai 1939

Mais à peine 16 ans plus tard, nouveau chambardement : Laprairie est rattaché à Châteauguay tandis que Napierville est noyé dans celui de Saint-Jean pour disparaître complètement de la nomenclature des comtés, deux ans plus tard, en 1941.

Assez curieusement, la MRC qui a à peu près la superficie de l’ancien comté de Napierville s’appelle les Jardins de Napierville, du nom de l'ancien comté et donc source d’immenses méprises.

Beaucoup de personnes pensent que le nom de la MRC réfère à l’actuel village de Napierville, enclavé dans le village de Saint-Cyprien-de-Napierville, alors qu’il réfère à un district électoral disparu depuis longtemps.

La même méprise touche le village de Saint-Cyprien-de-Napierville, dont le nom réfère aussi à l’ancien comté plutôt qu’au village enclavé.

Les autres municipalités qui étaient affublées de l’extension Napierville au bout de leur nom s’en sont débarrassées à la première occasion, mais pas Saint-Cyprien, pour des raisons mystérieuses, de telle sorte que nombre de personnes mal informées pensent que les deux villages n’en forment qu’un seul ou, pire, que Saint-Cyprien est subordonné à Napierville.

Tout cela parce qu’on a négligé d’adapter le nom de Saint-Cyprien aux circonstances nouvelles.

mardi 30 avril 2019

LE QUÉBEC DOUBLE DE SUPERFICIE



En ce 30 avril 1909, le Canada français a le cœur à la joie.

C’est que, journal libéral, il fête un geste
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particulièrement remarquable du premier ministre – libéral – du moment : Lomer Gouin.
Ce dernier vient en effet d’annoncer l’annexion, par son gouvernement, de ce que l’on appelle à l’époque le Grand Nord ou l’Ungava.


Il s’agit d’une prise de 650 mille kilomètres carrés, ce qui double le territoire du Québec et lui assure l’accès à d’immenses richesses forestières et minières.
Canada français, 30 avril 1909


Peuplé par quelques petites bandes d’Inuit et d’Innus, peu exploré par les Blancs, ce territoire paraît empli de promesses.

Constatant que l’Ontario avait étendu son territoire jusqu’à l’océan arctique, Lomer Gouin a résolu d’en faire autant et d’arracher l’accord d’Ottawa, ce qu’il a réussi de haute main.

Ces félicitations vont cependant virer à l’amertume, en 1927, lorsque Londres va arracher tout le Labrador au Québec pour le donner à sa propre colonie pas encore intégrée au Canada : Terre Neuve.
(1)

Un tribunal britannique devait en effet décider entre les prétentions du Québec et celles de sa colonie.

En litige : l’interprétation d’une clause des traités anciens qui accordait aux pêcheurs anglais accès à la côte pour faire sécher leurs poissons.

Le tribunal, dont deux juges avaient des intérêts économiques au Labrador, a jugé que l’accès à la côte s’étendait jusqu’à la ligne de partage des eaux…

D’un trait de plume – intéressé – Londres amputait le Québec d’un territoire de 295 mille kilomètres carrés, de quoi inculquer un fort sentiment d’injustice qui dure jusqu’à nos jours.

Quant à Ottawa, jamais content de complaire totalement au Québec, il a fait durer les tractations jusqu’en 1912 et a limité le nouveau territoire à la côte de l’océan arctique, privant le Québec de l’accès au plateau continental et aux îles côtières, manière, sans doute, de susciter la gratitude…
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(1) Source : Wikipédia

mardi 23 avril 2019

ENCORE DE L’EAU DU ROBINET IMBUVABLE…


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Saint-Jean a malheureusement une fort longue histoire de négligence envers son eau potable et dès le début du 20e siècle, des épidémies étaient déclenchées par la mauvaise qualité de l’eau distribuée aux citoyens[1].
On aurait pu croire – ou du moins espérer – que les calamités passées auraient incité à mieux prévenir les calamités futures, mais en 1979, il n’en a encore rien été.
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En ce printemps 1979, en effet, l’usine de filtration de l’eau potable a été paralysée durant deux jours, car sa conception est défectueuse et son entretien a été trop longtemps négligé.
Pire encore, on apprend que deux ans plus tôt, un cri d’alarme avait été lancé dans un rapport d’inspection d’Environnement Québec, et rien n’a  alors été fait pour corriger les graves lacunes notées.
Pourtant, ces lacunes n’ont rien de banal.
D’abord, la prise d’eau se trouve dans le Richelieu, dans les eaux mortes sous la marina, ce qui garantit une eau de mauvaise qualité, exposée en outre aux risques de déversements de produits pétroliers.
Ensuite, le premier traitement, qui consiste à faire décanter les particules les plus volumineuses, n’est à peu près pas fonctionnel ce qui signifie que les filtres qui viennent ensuite, loin de procéder au « polissage final » du traitement, en sont réduits à exécuter la tâche abandonnée par les décanteurs.
Pire encore, les effluents du nettoyage de ces divers éléments sont rejetés dans… les eaux mortes sous la marina et reviennent donc à la prise d’eau.
Et… bouquet final, on apprend que les analyses en laboratoire de la qualité de l’eau étaient interrompues durant l’été, pendant les vacances du personnel.
Il y avait là tout ce qu’il fallait pour rassurer la population.