mardi 11 juin 2019

FIERS DU 22e...

Source : wikipédia


Le Royal 22e, qui a eu tant de mal à naître à cause de l’hostilité anglo-canadienne, s’est néanmoins couvert de gloire sur les champs de bataille européens lors de la Première Guerre mondiale, notamment à Flers-Courcelette puis à Chérisy, lors de la bataille d'Arras.

Source : wikipédia
De retour à sa base de Saint-Jean, 19 mai 1919, le régiment est accueilli en héros par le Conseil municipal, ce qui lui vaut, de la part du brigadier général Thomas Tremblay, la réponse qui suit…

Canada français, jeudi 12 juin 1919


Cet échange poli cache cependant un drame, car à peine revenu, le 22e est démantelé et il faudra à nouveau de vastes campagnes de protestation pour obtenir son rétablissement, ce qui ne sera finalement obtenu que le premier avril 1920, mais sous le nom de twenty second regiment…
 
Régiment composé entièrement de Canadiens-français, il ne récupérera un nom français que le 18 mai suivant.

Décidément…

mardi 4 juin 2019

LE CURÉ A-T-IL CRÉÉ DES MONTCALM ?


L’histoire du premier colon de Saint-Jean, Joseph Payan[1], est assez bien connue. 

Marin de première force, il avait reçu le surnom d’Amiral du lac Champlain en raison de ses exploits à la barre de la Vigilante face aux envahisseurs anglais.

Il survivra encore 25 ans à la conquête et ne cessera de raconter à sa nombreuse descendance ses exploits au sein des troupes du valeureux général Louis Joseph de Montcalm-Gozon, marquis de Saint-Véran, dit Montcalm.


Ces récits ont sans doute plu aux enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants, car en 1830, à l’occasion de l’inhumation, à Châteauguay, de sa fille Florence, âgée de 15 ans, un arrière-petit-fils de Joseph est désigné sous l’appellation « Jean-Baptiste Payan dit Moncalme. »

On ne sait pas ce qui a occasionné l’ajout de ce nouveau patronyme, mais la tradition familiale l’attribue au curé Pierre Grenier, qui récidivera les années suivantes lors du baptême de deux enfants de Jean-Baptiste en 1831 et 1832.

Le nom Payan se prononçait Païen à l’époque, et un tel patronyme aurait paru au curé  tout à fait déplacé pour un catholique.  

L’ajout du nom Montcalm aurait servi de voile pour sauver les apparences.

Comme disent les Italiens : « se non è vero, è ben trovato…[2] »

Ce qui est vrai en revanche, c’est que le général Montcalm ne semble pas avoir fait souche en Amérique du Nord et que tous les Montcalm qu’on y trouve de nos jours descendent plutôt de Joseph Payan, l’amiral du lac Champlain.



[1] http://histoirehautrichelieu.blogspot.ca/2017/09/le-premier.html
[2] Si ce n’est pas vrai, c’est bien trouvé.

mardi 28 mai 2019

LA FLÈCHE....



En ce beau mois de mai 1949, la chambre de commerce doit arrêter une décision importante.

Il ya bien longtemps qu’elle demande au ministère de la voirie d’installer à Laprairie, là où se rencontrent la route Montréal-Plattsburgh et le chemin Saint-Jean, un panneau indicateur avec flèche pointant vers Saint-Jean dans l’espoir d’y attirer une partie de la circulation.
La flèche, telle qu'elle se présente de nos jours (1)

Voilà que le ministère est tout à fait d’accord, mais à la flèche il veut ajouter les distances à parcourir.

Or, c’est là que le bât blesse, puisque de passer par Saint-Jean ajoute 15 kilomètres au parcours, de quoi décourager peut-être quelques bonnes volontés.

Mais… après mûre réflexion, ce risque semble bien mineur et il est décidé – à l’unanimité – d’accepter telle quelle la proposition du ministère.
_______________________
(1) Source : google maps

mardi 21 mai 2019

AU TEMPS DE LA FÊTE DE DOLLARD


Il fut un temps où, pour honorer des personnages plus grands que nature, on créait une nouvelle fête au lieu de remplacer les géants de naguère par les nouveaux arrivants.

C'est ainsi qu'en ce 21 mai 1925, le Canada français rend hommage au héros national Adam Dollard Des Ormeaux et souligne que sa fête – une fête dignement nationale – doit être célébrée avec enthousiasme.


C’est que, à la tête d’une petite poignée de Français et quelques auxiliaires hurons, il a préservé la colonie contre une invasion iroquoise qui se promettait dévastatrice.
 
Source : Wikipédia
Réfugiés dans un fort de rondins en bordure de l’Outaouais, lui et sa troupe ont si vaillamment résisté à une armée iroquoise infiniment plus nombreuse, le 24 mai 1660, qu’ils ont effrayé les assaillants et les ont dissuadés de s’en prendre à Montréal puis à Québec.

Pour le moment, la colonie était sauvée par ces preux combattants qui ont péri en sauvant les leurs.

Cette fête a été marquée jusqu’en 2002.  Cette année-là, elle fut remplacée par la Journée nationale des Patriotes, afin de n e pas heurter la sensibilité des Iroquois… et Dollard n'est même plus célébré.

mardi 14 mai 2019

Quand arrive le progrès...


Source : Les poêles d'antan
Qui ne se souvient des grosses cuisinières au bois qui ornaient nos cuisines d'antan. 

Elles avaient bien sûr l'avantage de chauffer une partie de la maison durant l'hiver, mais quel enfer durant les 3 autres saisons.

Elles faisaient régner une telle chaleur que bien des maisons se sont dotées de «cuisines d'été» bien aérées pour soulager les mamans attachées à leur fourneau.

De plus, il fallait les surveiller en permanence, s'assurer qu'elles avaient assez de bois mais pas trop et on ne pouvait guère s'éloigner de crainte de voir le feu s'éteindre doucement.

Par ailleurs, rien de plus salissant que de transporter le bois de chauffage : il se trouve toujours de la poussière, des brins de sciure ou d'écorce pour tomber tout le long du chemin entre la «corde» et le poêle.

Bref, la cuisinière au bois imposait un véritable esclavage.

Mais voilà qu'à fin des années 1940 nous arrivent des cuisinières électriques.

Finies la chaleur étouffante, la saleté omniprésente, l'impossibilité de s'éloigner.

En tout cas c'est désormais ce que chante la publicité...

Le Canada Français, 12 mai 1949