mardi 26 février 2019

ON ROULE L’HIVER




Il n’y a pas à dire, mais l’hiver à cheval sur les années 1928 et 1929 a été particulièrement rigoureux et neigeux.

Et pourtant…

Et pourtant, certaines routes ont été avantageusement nettoyées de façon à permettre aux automobilistes de les emprunter en presque tout temps.

Ce fut notamment le cas de la route reliant Montréal à Rouse’s Point, dans le New York, route qui passe également par Saint-Jean.

L’événement est si remarquable que le Club automobile royal et la Chambre de commerce de Saint-Jean ont convoqué une importante réunion pour prendre la mesure de la chose et pour évaluer les mérites d’un nouvel équipement : le  chasse-neige.


La déneigeuse Walter, de la compagnie Musson, était d’ailleurs à l’honneur et une démonstration avait justement été programmée pour convaincre tout un chacun de sa puissance et de son efficacité.

Et, fait remarquable, ce chemin en hiver a été jugé si remarquable que le Canada français du 28 février 1929 y a consacré deux articles.
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Note : les deux illustrations sont tirées de Youtube.

mardi 19 février 2019

INTERCEPTION PÉRILLEUSE




En 1989, l’Union soviétique est déjà en train de se disloquer, mais cela n’empêche guère ses avions militaires de frôler le territoire canadien dans des gestes de bravade et de provocation.

C’est justement ce qui se passe en ce 15 février, alors que deux aéronefs russes baptisés «Bear F» par les militaires occidentaux, patrouillent au large de Terre Neuve.

Ces appareils sont spécialisés dans la détection de sous-marins et leur fréquentation des eaux atlantiques à l’est de Terre Neuve est loin d’être inhabituelle.

Ce jour-là, le capitaine Sylvain Larue,
originaire de Sainte-Anne-de-Sabrevois, veillait au grain.

Basé à Goose Bay, dans le Labrador, Larue et un collègue lancent immédiatement leurs F-18 à la poursuite des intrus afin de leur interdire le survol du territoire fédéral et s’assurer qu’ils restent au dessus des eaux internationales.

Assez détendu, malgré les risques de l’opération, le capitaine Larue a même la présence d’esprit de photographier les évolutions de son collègue, lequel, comme on le voit, talonnait de fort près l’avion «ennemi».

Officiellement, les Bear F se dirigeaient vers Cuba et leur interception ne provoqua aucun affrontement, au grand soulagement de tous.

mardi 12 février 2019

ROULEUR DE BÂTISSES ?



Il existe nombre de professions aux racines anciennes qui existent encore de nos jours, parfois sous un nouveau nom.
 
Un exemple parmi d’autres ?  Celui de rouleur de bâtisses.

La période contemporaine connaît encore cette spécialité qui consiste à soulever un immeuble – soit pour lui ajouter de nouvelles fondations, soit pour le déménager et l’installer ailleurs.

Mais qui se souvient qu’au 19e siècle, le technicien chargé de cette entreprise s’appelait un « rouleur de bâtisses »?

C’est pourtant ainsi qu’on nommait cet artisanat, comme le démontre cette annonce parue dans le Canada français du vendredi 10 février 1899…

Autre chose à remarquer : Napoléon Trahan, cet artisan, avait déjà le téléphone, mais avec une possible coquille dans son annonce : 

TELETHONE BELL No. 82

mardi 5 février 2019

DES AVOCATS EN PRISON




En 1908, la prison de Saint-Jean a hébergé au moins deux avocats…

Leur crime n’est pas précisé, mais on sait qu’ils ont tenu compagnie aux 87 autres hommes et aux 3 femmes qui ont séjourné dans l’établissement répressif durant cette année.

En fait, ces deux avocats étaient pour ainsi dire les seuls professionnels détenus.

Le plus fort contingent de prisonniers était constitué de journaliers, puis venaient divers artisans et hommes de métier.

Nombre d’entre eux – 71 hommes et une femme – savaient lire et écrire, les autres étant illettrés.

Nombre d’entre eux – 55 hommes et 1 femme - étaient attachés à la dive bouteille.

L’infraction la plus abondante était le vagabondage (34), suivi d’ivresse (18) et de vol (15).

 Mais on notait aussi « exposition indécente de sa personne », « refus de pourvoir aux besoins de sa famille » et « infraction aux lois municipales ».

Il en coûtait 10 cents par jour et par prisonnier pour nourrir tout ce beau monde ce qui, ajouté au salaire du geôlier et de la matrone ainsi qu’au coût de l’entretien du bâtiment aura coûté 2 282, 44$.

mardi 29 janvier 2019

SAINT-JEAN LAVE SES RUES




Très longtemps, les artères de Saint-Jean ont été en simple terre battue, ce qui signifiait des nuages de poussière au passage des voitures et au moindre souffle de vent.

Très longtemps aussi, la municipalité a employé des voitures-citernes tirées par des chevaux pour humecter le sol afin d’éviter les pulvérulences.

Mais au début des années 1920, Saint-Jean a commencé à cimenter certaines de ses rues et la solution utilisée pour les voies de terre ne convenait plus.

 Mais… frileuse devant le coût d’un équipement adapté aux nouvelles conditions elle chercha longtemps une solution plus économique.

Puis, la lumière se fit.
Source : Ville de Saint-Jean

Il fut décidé, en 1922,  de confier aux pompiers en service, le soin d’arroser et de « laver » les rues pavées.

Ceci avait le double avantage d'occuper les sapeurs et de protéger les goussets des contribuables...

mardi 22 janvier 2019

LA MULTINATIONALE MARISTE



C’est bien connu, le Québec a traversé une intense phase de catholicisme qui s’est illustrée notamment par la multiplication de communautés religieuses à forte vocation missionnaire.



Comme l’a déjà souligné Lionel Groulx, nous avons envoyé durant cette période des sœurs, des frères et des prêtres prédicateurs et enseignants un peu partout dans le monde.



Le 20 janvier 1949, le Canada
Frère Omer-Bernard
Français donne un nouvel exemple de cette ferveur multinationale en signalant le départ pour la Rhodésie[1] du Frère mariste Omer-Bernard qui s'apprête à quitter Saint-Jean pour rejoindre 16 collègues, dont un de ses frères, le Frère Auguste-Désiré, directeur du juvénat[2] indigène à Kutuma.




Fondé par les jésuites, le collège Saint-François-Xavier avait été confié aux Maristes, frères spécialisés dans l’enseignement.



Lors du départ du nouveau missionnaire, le collège accueillait déjà 467 pensionnaires et 196 externes.


Outre cette institution, les frères avaient aussi la charge d’un grand nombre d’écoles de brousse qui accueillaient aussi de très nombreux élèves.



Bref, c’était une tâche écrasante qui attendait le frère Omer-Bernard, mais cela ne semblait pas l’inquiéter, pas plus que nombre de ses frères et sœurs...



[1]     Le Zimbabwe, de nos jours.
[2]     Établissement scolaire religieux assurant la formation des maîtres.