mardi 15 août 2017

ÊTRE UNE COLONIE N’EST PAS TRÈS INTÉRESSANT…


Le San Jacinto arraisonnant le Trent


Charles Wilkes
Le 8 novembre 1861, en pleine guerre de sécession, la frégate nordiste San Jacinto, commandée par Charles Wilkes, arraisonne le paquebot britannique Trent au large de Cuba. 

L’Angleterre, qui se voulait neutre jusque là, agite dorénavant des menaces de guerre avec les forces nordistes.

Elle se sent d’autant plus inquiète qu’elle craint de voir les armées étatsuniennes saisir l’occasion de faire main basse sur sa colonie canadienne.

Londres envoie donc une petite troupe de soldats pour parer au plus pressé, mais espère que le Canada-Uni créera une milice forte de 100 000 hommes pour assurer - à ses frais - son maintien dans l’empire…

Or, le Canada-Uni, peu sensible aux menaces d’abandon proférées par Londres, ne mobilise finalement que 10 000 hommes, dix fois moins qu’exigé.

Dans un éditorial du 15 août 1862, Félix-Gabriel Marchand explique que Londres n’a rien compris.

À son avis, le lien colonial ne profite qu’à Londres et n’impose que des charges de ce côté-ci de l’Atlantique.


Si les Anglais veulent se séparer de leur colonie américaine, tant mieux.  Celle-ci ne s’en trouvera que mieux et pourra allègrement et profitablement voler de ses propres ailes.

Comme l’on sait, cependant, malgré la grande clarté de ce message, la reine d’Angleterre règne encore sur le Canada.

Quant à l’affrontement États-Unis – Angleterre, il s’est résolu par la voie diplomatique sans que le Canada-Uni soit convoqué aux négociations…



mardi 8 août 2017

GUERRES INDIGÈNES

Couple abénaki



De temps immémoriaux, le continent américain a connu des affrontements sanglants et des haines inexpiables entre les diverses bandes autochtones qui traversaient le territoire.


L’arrivée des Européens et de leur demande insatiable des peaux de bêtes contribua à exacerber ces conflits meurtriers.


Cette discorde s’est notamment manifestée chez nous à l’été 1695.


À cette époque, une tribu abénakise s’est fixée près de ce qui deviendra plus tard le village de Swanton, au Vermont.


Elle y a érigé une palissade de rondins et y tient feu et lieu en cet endroit qui lui permet de commercer autant avec les Français qu’avec les Anglais.


Ils ont même baptisé les lieux Missisquoi – ce qui, dans leur langue (Massipskoik) signifie « où il y a de la pierre à fusil. »


Mais, bien que se sentant chez eux, ils n’en ont pas moins envahi un territoire que les Agniers (groupe iroquois qui occupe notamment Kahnawake, de nous jours) considèrent comme le leur.


En cet été 1695, donc, un groupe d’Agniers s’est caché dans l’île du Richelieu qui se trouve en face de l’embouchure de la rivière Lacolle.


Ils projettent un raid sanguinaire contre les Abénakis.


Heureusement pour ceux-ci, cependant, un de leurs espions a repéré silencieusement la cachette des ennemis.


Il perce la coque de tous leurs canots puis va chercher les siens pour une attaque de nuit.


Arrivés en force, les Abénakis se ruent sur les guerriers endormis et les tuent en grand nombre.


Quelques uns seulement arrivent à se jeter dans les canots pour s’enfuir, mais ce n'est que pour se noyer au milieu du courant.


En souvenir de cet exploit, la fameuse île porte le nom d’Île-aux-Têtes[1] en souvenir de ce carnage.




[1] Dans notre Québec francophone, l’île a été rebaptisée île Ash.

mardi 1 août 2017

LA FILLE DU MAQUIGNON



Église de l'Acadie
BANQ CP 6810 CON






De nos jours, l’avenir de l’église Sainte-Marguerite d’Écosse (Blairfindie) dans le secteur l’Acadie semble bien problématique.


Faute d’un nombre suffisant de paroissiens cotisants, la paroisse évalue divers scénarios pour tracer son avenir.


En 1990, il y a un peu plus d’un quart de siècle, cette épreuve ne paraissait pas encore à l’horizon et les qualités architecturales et historiques indiscutables de l’ensemble ne laissaient pas deviner un avenir aussi bouché.



À l’été 1990, en effet, c’est un film qu’on tourne dans le monument.



LA FILLE DU MAQUIGNON raconte le coup de foudre qui frappe Tim, l’Irlandais du
Andrea Parro (Marie) et Emmanuel Charest(Tim)
village, et Marie, la fille du maquignon, un maquignon horrible et intraitable qui fera tout – absolument tout – pour empêcher les tourtereaux de vivre leur liaison.



Assez curieusement, l’église a été choisie par le réalisateur A. Mazouz, un Algérien musulman établi au Québec… ce qui souligne encore davantage les qualités de charme de ce chef d’œuvre dont on se demande pourtant s’il faut le sauver…


Il faut reconnaître toutefois que le film, quant à lui, n'a connu qu'une carrière confidentielle.

mardi 25 juillet 2017

LA POMPE SILSBY AU SECOURS...



Dans la nuit du 30 au 31 juillet 1911, les pompiers de Saint-Jean sont appelés de toute urgence à Farnham où un violent incendie menace d’éradiquer la ville au complet.

Pompe Silsby
Arrivés peu après minuit, les sapeurs johannais installent leur fameuse pompe Silsby dans la rue Principale et braquent pas moins de 5 lances sur les flammes.

Deux heures plus tard, des pompiers de Montréal, convoyés par un train spécial du Canadien Pacifique, accourent sur les lieux et contribuent à maîtriser les flammes, tout comme leurs confrères de Sherbrooke arrivés un peu plus tard.

Malgré tout leur acharnement cependant, l’incendie qui finit de se consumer aura causé d’immenses dégâts.


Un triste inventaire dressé immédiatement après le drame fait état de dommages évalués à plus de 500 000 dollars[1].

Au total, 17 magasins, 3 restaurants, un hôtel, une pharmacie, le poste de pompiers lui-même ainsi que l’Hôtel de ville  et quantité de résidences particulières ne sont plus que des souvenirs.

Pire encore :  à peine un tiers de cette dégradation est couverte par les compagnies d’assurance…

Il va sans dire que les  soldats du feu de Saint-Jean ont en mémoire la vaste conflagration qui a dévasté un quartier entier de leur ville au mois de juin  1876[2] et cela a sans doute contribué à leur dévouement.



[1] Près de 11 millions de dollars 2016...
[2] http://histoirehautrichelieu.blogspot.ca/2016/06/feroce-destruction.html