mardi 3 décembre 2019

CYPRIOTES AVENTURIÈRES



Il est bien connu que Saint-Cyprien a donné au Québec plusieurs de ses personnages hors du commun, et en particulier Louis Cyr, l’homme le plus fort du monde, le docteur Wilfrid Derome, créateur de la police scientifique en Amérique du nord et les sœurs Grégoire, écrivaines célèbres.


Aujourd’hui, nous allongeons la liste en y ajoutant les noms d’Adée et de Clara Hébert, deux sœurs au destin vraiment extraordinaire.


Adée Hébert est née le 31 août 1884 et Clara le 5 avril 1888, toutes deux filles d’Aimé Hébert et d’Odile Lachance de Saint-Cyprien, père et mère d’une famille de 17 enfants.


Adée et Clara entrent ensemble dans la Communauté des sœurs missionnaires de l’Immaculée-Conception le 6 juillet 1906.
 
Sœur Saint-Pierre-Claver

Dès le mois de septembre 1909, Adée part vers Canton, en Chine, sous le nom de sœur Saint-Pierre-Claver, pour servir dans la mission que les religieuses tiennent là-bas pour servir de petits enfants abandonnés, des orphelines et de vieilles femmes.


En 1913, elle est rappelée dans le quartier chinois de Montréal où elle met sa maîtrise du chinois à profit pour visiter les malades à l’hôpital ou chez eux et pour ouvrir une école de langue pour les enfants.


En 1921, nouvelle affectation, à Manille, aux Philippines cette fois.  Elle y deviendra supérieure locale de sa communauté, sera emprisonnée puis enfermée dans un camp de concentration par les forces d’occupation japonaises jusqu’à la fin de la guerre du Pacifique en 1945.


Mais l’heure du repos n’a pas encore sonné, car à peine libérée, elle est mutée à Vancouver pour gérer l’hôpital du Mont Saint-Joseph qui vient d’ouvrir.


Mise à la retraite après cette vie aventureuse, en 1956, elle décède dans la résidence des religieuses, à Pont-Viau, en 1964.


Clara, pour sa part, a pris le nom de Sœur Saint-François-d’Assise.  Elle sera elle aussi expédiée en Asie, mais à Hong Kong, en  1913, pour œuvrer à la léproserie que les sœurs gèrent à Shek Lung, dans une île de la rivière des Perles.



À cette époque, la Chine est en pleine révolution et après avoir chassé la dynastie mandchoue les communistes entretiennent durant de nombreuses années un désordre particulièrement dangereux.


La léproserie est continuellement menacée par des agressions, razzias et déprédations diverses.


Néanmoins, durant 40 années, Clara et ses collègues devront s’improviser infirmières, médecins, chirurgiennes, psychologues, architectes, ingénieures, administratrices et tutti quanti pour répondre, le mieux possible, aux besoins multiples de leurs patients.


L’après-guerre n’apporte aucun soulagement, car les communistes au pouvoir s’en prennent aux étrangers.


Malgré tout, Clara est postée à la crèche des sœurs à Canton, jusqu’en 1948 puis nommée à Kowloon, toujours dans la colonie anglaise de Hong Kong, où en 1951 elle sera emprisonnée, avec 4 autres sœurs, pour répondre à des accusations aussi monstrueuses que fantaisistes.


Libérées assez rapidement, la plupart des sœurs rentrent au Québec surtout que la mission de Canton et la léproserie de Shek Lung ont été fermées par les autorités.


Mais Clara préfère retourner à Kowloon pour y rendre les services qu’elle pourra encore.


Elle y décède, en juin 1957, d’un cancer du pancréas.

  
On peut affirmer avec certitude que bien peu de femmes de nos jours connaissent des existences aussi remplies.





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Source dses illustrations : BAnQ


mardi 26 novembre 2019

L’ASSASSIN SUICIDAIRE



Le 22 novembre 1999, l’émotion est grande au motel du Souvenir du Coin Douglass, côté Saint-Jacques-le-Mineur, car on vient de découvrir le cadavre d’un client dans l’une des chambres.


L’identité de celui-ci est rapidement trouvée : il s’agit de Jean-Pierre Chamberland, un militaire de 25 ans, qui vient d’être quitté par sa femme, Mélanie Messier, et qui est activement recherché par la police dans le cadre de l'enquête sur le meurtre de la dame.


La victime s’était réfugiée chez sa grand-mère à Saint-Marcel-de-Richelieu justement pour échapper à son ex-époux, mais cette précaution s’est malheureusement avérée inutile car elle y a été assassinée à grands coups de couteau.


Le lien était facile à établir et les enquêteurs comprennent rapidement que le militaire, effrayé par son geste, a préféré se pendre plutôt que d’affronter la réalité.

mardi 19 novembre 2019

COMME IL EST DIFFICILE DE PRÉDIRE L’AVENIR…



En 1979, la ville de Saint-Jean (qui n’est pas encore fusionnée) se sent à l’étroit et craint de ne pouvoir accueillir la croissance démographique qu’elle prévoit.
Elle s’adresse donc à la Commission de protection du territoire agricole (CPTAQ) pour faire « dézoner » une partie sensible des terres agricoles de son domaine.
En fait, ce sont plus de 400 hectares qu’elle veut soustraire à l’agriculture afin de les consacrer à des fonctions commerciales, résidentielles et récréatives.
Si la demande était acceptée, la superficie agricole de la ville passerait de 62,5% du territoire à 53,9%, soit une soustraction fort appréciable.
Mais ce qui est intéressant dans ce dossier c’est que pour justifier sa requête, la municipalité prévoit qu’en 2003, soit près d’un quart de siècle plus tard, sa population atteindra 50 675 personnes, ce qui justifiera la construction de très nombreux nouveaux logements et ce qui justifiera amplement l’empiètement sur les terres agricoles.
En fait, ce qui est intéressant dans ces chiffres, c’est qu’au recensement de 1981, la population de Saint-Jean atteignait déjà 59 386 personnes et qu’elle frisait déjà les 80 000 âmes en 2001, année de la fusion.  C’est une augmentation de 57 % par rapport à l’annonce  des expert
Au recensement de 2016, par ailleurs, le territoire fusionné comptait 95 114 résidents.
Tout cela confirme le vieux dicton : Il est bien difficile de faire des prédictions, surtout si elles concernent l’avenir…

mardi 12 novembre 2019

L’HÔTEL DE VILLE À LA BANQUE ?



En ce début de 20e siècle, la ville de Saint-Jean est encore assez mal équipée et son hôtel de ville, par exemple, est installé de bric et de broc dans l’édifice du marché, au-dessus du poste de pompiers.

La situation présente évidemment de fort nombreux inconvénients, ne serait-ce que l’absence totale de protection pour les archives et les autres documents municipaux essentiels.

Ce déplorable état des choses n’échappe pas à grand monde et c’est ainsi que Tancrède Bienvenu, le liquidateur de la désastreuse banque de Saint-Jean[1], propose à la ville d’acquérir, à bon prix, l’édifice de la banque disparue.

Reçue par le Conseil municipal le 19 octobre 1909, l’offre est déposée, c'est-à-dire envoyée aux calendes grecques.

Impatient, le Canada français du 12 novembre suivant décide de relancer le débat.

À son avis, la nécessité d’un nouvel hôtel de ville ne fait aucun doute et l’initiative de M. Bienvenu devrait être acceptée.

Mais, pour des raisons qui nous échappent, cet éditorial n’aura pas plus d’écho que la suggestion principale.

En fait, Saint-Jean n’emménagera dans ses nouveaux locaux qu’en 1958, près de 50 ans après la généreuse proposition.

mardi 5 novembre 2019

UN NOUVEAU BARRAGE SUR LE RICHELIEU ?



Source : Beautés de Montréal
Au début novembre 1979, la question se pose encore : faut-il un nouveau barrage sur le Richelieu afin d’en réguler les eaux et de prévenir les inondations ?
C’est qu’en 1972, la rivière est encore sortie de son lit et a occasionné de forts dégâts.
En 1973, la Commission mixte internationale (CMI) s’est saisie de la question et a publié, en 1975, un rapport notant que la construction et l’exploitation d’un barrage mobile de même que le dragage d’une partie du cours d’eau étaient techniquement réalisables, mais se garda de les recommander.
Il n’en résulta pas grand chose.
C’était un peu rappeler ce qui s’était déjà produit dans les années ’30 après la catastrophique inondation de 1932.
Cette fois le rapport préconisait la construction de ce qui fut appelé le barrage Fryer.
Source : geocaching

Cet ouvrage fut en effet construit à l’extrémité de l’île Fryer en 1939 avec mission d’assécher les terres basses et prévenir ainsi les inondations.
Ouvrage important, muni de 31 vannes larges, chacune, de 9 mètres, le barrage devait être complété par l’érection de digues à proximité et par le dragage des hauts fonds rocheux entre Saint-Jean et Iberville.
Ces travaux ne furent jamais réalisés de telle sorte que le barrage lui-même ne fut jamais mis en service.
Cela rappelle aussi ce qui s’est produit après la mémorable inondation record de 2011.
Source : Canada français
Encore une fois, la CMI s’est saisie de la question et a produit un rapport en 2013, mais en se contentant de préconiser diverses mesures pour prévoir les futures inondations et leurs conséquences.
Cette fois-ci, il n’était pas question de recommander de grands travaux, ce qui répondait finalement à la question posée en 1979…

mardi 29 octobre 2019

VISITE PRINCIÈRE


Source : Wikipédia

En ce 29 octobre 1919, le Prince de Galles faisait une courte escale à Saint-Jean avant de poursuivre sa traversée du Canada, répondant ainsi à l’invitation que lui avaient lancée le maire Alexis Bouthillier et les échevins.
Le tout ne dura guère plus d’une demi-heure et fut l’occasion d’un exceptionnel déploiement d’éloquence.
En hors d’œuvre, le maire Bouthillier a pris sur lui d’énumérer presque au long les titres du visiteur…
Source : Canada français

Puis il enchaîna sur les mérites personnels du Prince tout en l’assurant de l’affection de toute la population, ce à quoi l’hôte répondit par des politesses de circonstance.
Ce qui est frappant dans le reportage qu’en fit le Canada français, c’est qu’il n’y a aucune illustration montrant le Prince et que l’article ne mentionne aucunement la présence de la moindre foule…
Peut-être est-ce dû au fait que son altesse traînait déjà une réputation sulfureuse.
Plus tard, devenu roi d’Angleterre sous le nom d’Édouard VIII, on lui connaîtra en effet des sympathies pro-nazies, ce qui poussera le gouvernement britannique à exiger sa démission, en déguisant le tout en abdication pour cause de mariage avec la divorcée étatsunienne Walis Simpson.

mardi 22 octobre 2019

C’ÉTAIT IL Y A EXACTEMENT 222 ANS...


La montgolfière a été inventée par les frères Joseph-Michel et Jacques-Étienne Montgolfier, en 1782, et son premier vol humain fut effectué à Paris par Jean-Baptiste Réveillon, Jean-François Pilâtre de Rozier et Giroud de Villette. 


Ce vol fut évidemment suivi de nombreux autres, dont celui de la première femme - Élizabeth Estrieux – en juin 1784.

Tout cela soulevait l’intérêt général, mais une question lancinante se posait : qu’arrive-t-il en cas d’effondrement de l’appareil ?


La solution est inventée par André-Jacques Garnerin sous forme du parachute et, le 22 octobre 1797, il y a tout juste 222 ans, il devenait le premier homme à utiliser cet appareil en sautant d’un ballon captif au parc Monceau de Paris.

La réussite fut totale, encore qu’il se foula une cheville en touchant le sol un peu trop rudement.

Il sera suivi par Jeanne Labrosse, sa future épouse, qui devient, en octobre 1799, la première femme à sauter en parachute.

Il va de soi que montgolfière et parachute ont tous deux bénéficié de nombreuses améliorations et modifications, le tout culminant vers l’adoption de Saint-Jean comme capitale de la montgolfière...