mardi 12 février 2019

ROULEUR DE BÂTISSES ?



Il existe nombre de professions aux racines anciennes qui existent encore de nos jours, parfois sous un nouveau nom.
 
Un exemple parmi d’autres ?  Celui de rouleur de bâtisses.

La période contemporaine connaît encore cette spécialité qui consiste à soulever un immeuble – soit pour lui ajouter de nouvelles fondations, soit pour le déménager et l’installer ailleurs.

Mais qui se souvient qu’au 19e siècle, le technicien chargé de cette entreprise s’appelait un « rouleur de bâtisses »?

C’est pourtant ainsi qu’on nommait cet artisanat, comme le démontre cette annonce parue dans le Canada français du vendredi 10 février 1899…

Autre chose à remarquer : Napoléon Trahan, cet artisan, avait déjà le téléphone, mais avec une possible coquille dans son annonce : 

TELETHONE BELL No. 82

mardi 5 février 2019

DES AVOCATS EN PRISON




En 1908, la prison de Saint-Jean a hébergé au moins deux avocats…

Leur crime n’est pas précisé, mais on sait qu’ils ont tenu compagnie aux 87 autres hommes et aux 3 femmes qui ont séjourné dans l’établissement répressif durant cette année.

En fait, ces deux avocats étaient pour ainsi dire les seuls professionnels détenus.

Le plus fort contingent de prisonniers était constitué de journaliers, puis venaient divers artisans et hommes de métier.

Nombre d’entre eux – 71 hommes et une femme – savaient lire et écrire, les autres étant illettrés.

Nombre d’entre eux – 55 hommes et 1 femme - étaient attachés à la dive bouteille.

L’infraction la plus abondante était le vagabondage (34), suivi d’ivresse (18) et de vol (15).

 Mais on notait aussi « exposition indécente de sa personne », « refus de pourvoir aux besoins de sa famille » et « infraction aux lois municipales ».

Il en coûtait 10 cents par jour et par prisonnier pour nourrir tout ce beau monde ce qui, ajouté au salaire du geôlier et de la matrone ainsi qu’au coût de l’entretien du bâtiment aura coûté 2 282, 44$.

mardi 29 janvier 2019

SAINT-JEAN LAVE SES RUES




Très longtemps, les artères de Saint-Jean ont été en simple terre battue, ce qui signifiait des nuages de poussière au passage des voitures et au moindre souffle de vent.

Très longtemps aussi, la municipalité a employé des voitures-citernes tirées par des chevaux pour humecter le sol afin d’éviter les pulvérulences.

Mais au début des années 1920, Saint-Jean a commencé à cimenter certaines de ses rues et la solution utilisée pour les voies de terre ne convenait plus.

 Mais… frileuse devant le coût d’un équipement adapté aux nouvelles conditions elle chercha longtemps une solution plus économique.

Puis, la lumière se fit.
Source : Ville de Saint-Jean

Il fut décidé, en 1922,  de confier aux pompiers en service, le soin d’arroser et de « laver » les rues pavées.

Ceci avait le double avantage d'occuper les sapeurs et de protéger les goussets des contribuables...

mardi 22 janvier 2019

LA MULTINATIONALE MARISTE



C’est bien connu, le Québec a traversé une intense phase de catholicisme qui s’est illustrée notamment par la multiplication de communautés religieuses à forte vocation missionnaire.



Comme l’a déjà souligné Lionel Groulx, nous avons envoyé durant cette période des sœurs, des frères et des prêtres prédicateurs et enseignants un peu partout dans le monde.



Le 20 janvier 1949, le Canada
Frère Omer-Bernard
Français donne un nouvel exemple de cette ferveur multinationale en signalant le départ pour la Rhodésie[1] du Frère mariste Omer-Bernard qui s'apprête à quitter Saint-Jean pour rejoindre 16 collègues, dont un de ses frères, le Frère Auguste-Désiré, directeur du juvénat[2] indigène à Kutuma.




Fondé par les jésuites, le collège Saint-François-Xavier avait été confié aux Maristes, frères spécialisés dans l’enseignement.



Lors du départ du nouveau missionnaire, le collège accueillait déjà 467 pensionnaires et 196 externes.


Outre cette institution, les frères avaient aussi la charge d’un grand nombre d’écoles de brousse qui accueillaient aussi de très nombreux élèves.



Bref, c’était une tâche écrasante qui attendait le frère Omer-Bernard, mais cela ne semblait pas l’inquiéter, pas plus que nombre de ses frères et sœurs...



[1]     Le Zimbabwe, de nos jours.
[2]     Établissement scolaire religieux assurant la formation des maîtres.

mardi 15 janvier 2019

L'AVOCAT VÉREUX


En ce 12 janvier 1939, le Canada français publie fièrement en première page la nomination de l'avocat Yvan Sabourin au rang de conseiller du roi avec droit d'ajouter les lettres C.R. à la suite de son nom.

Cette distinction(1) attribuée par le gouvernement vise à signaler et à souligner le mérite exceptionnel du récipiendaire et le fait que Me Sabourin réside à Iberville a décidé le journal à manifester un peu de chauvinisme local...

Or, l'histoire nous enseigne que cette vanité était fort mal placée.

Me Sabourin était en effet l'avocat, au Québec, de la multinationale Johns-Manville qui exploitait des mines d'amiante à Asbestos et Thetford Mines.

Source : Wikipédia
Depuis longtemps déjà, la compagnie savait pertinemment que les poussières d'amiante provoquaient le cancer du poumon chez ses mineurs, mais avait décidé de maintenir le tout secret afin de protéger ses intérêts commerciaux et financiers.

Me Sabourin a participé activement à ce camouflage, allant même jusqu'à transporter clandestinement aux États-Unis, à l'insu des familles, des prélèvements de tissus pulmonaires pour fins d'analyse puis à maquiller, à déformer ou à carrément censurer les rapports faisant état de résultats jugés dangereux pour la compagnie.


Il va de soi que ces triturations se sont avérées rentables pour le nouveau C.R., lequel a notamment pu acquérir le luxueux manoir Christie et y offrir de somptueuses réceptions.

Et on dit que le crime ne paie pas...



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(1) Depuis 2007, le Barreau du Québec, jugeant peut-être que la notion de Conseil du roi ou de la reine a des relents de royalisme trop prononcés, a remplacé cette distinction par celle d'avocat émérite (Ad. E.)

mardi 8 janvier 2019

PAS DE COMMUNISTES CHEZ NOUS !!!

En ce janvier 1929, alors que le chômage fait rage et que le grand Krach - ce féroce dérèglement du capitalisme - s'en vient à grands pas, le Canada Français n'hésite pas à désigner les communistes comme les véritables ennemis.

Pour revenir sur le sujet, le journal reprend une dépêche de «l'Étoile du Nord» signalant le passage de 4 communistes à Joliette.


Le ton du texte est acerbe et le vocabulaire utilisé ne laisse aucun doute sur le dégoût inspiré par les 4 visiteurs.

Le Canada français, 4 janvier 1934


«Heureusement», des mesures énergiques auraient été déployées pour chasser les «conspirateurs» et pour leur intimer l'ordre de ne plus y revenir.

Ce à quoi le Canada Français applaudit sans réserve.


mardi 1 janvier 2019

QUE L'ANNÉE 2019 VOUS SOIT BONNE...

Le Conseil d'administration de la Société d'histoire du Haut-Richelieu souhaite que la nouvelle année soit pour vous toutes et tous une source de petits plaisirs et de bonheur constant.