mardi 7 août 2018

LA MONNAIE DE LEUR PIÈCE...



Du 2 au 4 août 1918, la ville de Toronto est secouée par de violentes manifestations racistes tournées contre les citoyens d’origine grecque.

Le Canada français est frappé par le peu de couverture que ces graves événements reçoivent dans la presse ontarienne.

Ceci le pousse à rappeler que ces mêmes journaux ne se privent pas d’attaques racistes lorsqu’il s’agit de s’en prendre aux Canadiens français…


mardi 31 juillet 2018

DUR, DUR LE MÉTIER D’INSTITUTEUR…






Nous sommes en 1908, et l’instituteur Conrad Farley en est réduit à poursuivre son employeur, la Commission scolaire de Saint-Alexandre, devant la Cour de circuit pour se faire payer son salaire.



Il avait été embauché l’année précédente au salaire mirobolant de 400 dollars pour toute l’année (environ 9 000 dollars en monnaie de 2017).



Une clause de son contrat d’embauche accordait cependant à la commission scolaire le droit de retenir 50 dollars de son salaire (près de 1 200 dollars de maintenant) au cas où son rendement serait jugé insuffisant.



Sur simple avis du président de la Commission scolaire et du curé le salaire de l’instituteur pouvait ainsi être spolié… ce qui se produisit évidemment puisque le souci du président penchait plus du côté de l’économie budgétaire que du côté de l’éducation.



M. Farley fut en effet congédié en alléguant
justement qu’il n’avait pas donné entière satisfaction, mais pour adoucir le coup on lui remit un certificat attestant que le peu de progrès de ses élèves était entièrement attribuable à leur absentéisme plutôt qu’à une déficience professionnelle.



Fort de ce document, il attaqua l’amputation de son salaire devant le tribunal en ajoutant qu’en outre le curé n’avait même pas participé à la décision.



Le cas était clair et le juge Lafontaine trancha tout de suite sur le banc en sa faveur.



L’histoire ne dit pas toutefois si M. Farley a pu trouver un emploi à sa convenance ailleurs.






mardi 24 juillet 2018

UN SKIDOO INCONNU





Comme chacun sait – ou croit savoir – le Ski-doo est né en 1959 dans l’entreprise Auto-Neige Bombardier Limitée créée par le célébrissime J. Armand Bombardier.
J. Armand Bombardier


Toujours officiellement, le nom ski-doo est attribuable à la compagnie chargée du lancement de l’appareil et qui a mal lu le nom choisi par son créateur, c'est-à-dire Ski-dog.


Or, s’il faut en croire le Canada français du 24 juillet 1908, le nom Skidoo existait déjà à cette époque lointaine.



Alors, le Skidoo était un yacht de belle allure appartenant au Docteur A. Cheval de Saint-Hilaire de Rouville.


Le Canada Français en parle, car nous sommes en pleine période des fêtes du Tricentenaire de Québec et le Richelieu s’est rempli de voiliers et d’embarcations diverses se dirigeant à toute vitesse vers la vieille capitale.


1908, c’est très longtemps avant le lancement de la motoneige…


Mais on trouve la trace d’au moins un autre navire portant le même nom.


Il s’agit dans ce cas d’un sloop conçu par Olin Stephens (1908-2008), un dessinateur étatsunien de navires de toutes sortes, et notamment de yachts de course.


Voilà une petite énigme que nos lecteurs sont invités à fouiller :  Armand Bombardier connaissait-il ce nom de yacht lorsqu’il a baptisé sa motoneige ?

mardi 17 juillet 2018

NOTRE DÉPUTÉ CONTRE L’EMPIRE


Source : http://www.bailii.org/uk/cases/UKPC/1901/1901_63.html

En 1901, l’inconcevable se produit : le comité judiciaire du Conseil privé de Londres – c’est-à-dire le tribunal de dernière instance de l’empire britannique – décrète qu’une compagnie de chemin de fer ne peut pas être tenue responsable des incendies allumés le long de la voie par les étincelles projetées par ses locomotives.
Cette cause avait été intentée par un dénommé Roy – un cultivateur dont la grange avait été détruite par un incendie déclenché par le passage d’un train de la compagnie du Canadien Pacifique.
Monsieur Roy avait eu gain de cause en Cour supérieure et en Cour d’appel au Québec, mais ces deux jugements avaient été renversés par les juges britanniques qui avaient décidé d’appliquer la loi britannique plutôt que le Code civil du Québec.
Ne faisant ni une ni deux, le député fédéral
Source : Wikipédia
de Saint-Jean – Louis Philippe Demers – dépose immédiatement à Ottawa un projet de loi pour corriger cette iniquité.
Il ne pouvait en effet pas se résigner à condamner ainsi les cultivateurs riverains de la voie ferrée à voir leurs maisons, leurs granges ou leurs clôtures ravagées par les flammes sans même pouvoir réclamer compensation.
Son projet de loi a fini par être adopté par Ottawa en 1903, ce qui a poussé le Canada Français du 17 juillet 1903 à y voir UNE BONNE LOI…

mardi 10 juillet 2018

PÈRE EDMOND... ESCROC



Philippe-Honoré Roy[1] n’est pas le seul escroc qu’ait connu Henryville...

Le Canada français du 10 juillet 1908 nous rappelle le passage d’Edmond Lacombe.

Instituteur dans l’arrondissement N° 5 de Henryville, Lacombe se promenait en soutane, se faisait appeler Père Edmond, Marie de Jésus et prétendait pouvoir, par la seule force de ses prières, guérir tous les maux.

Hélas !  Au lieu d’inspirer la saine méfiance qu’une telle attitude aurait dû susciter, il attirait les malheureux que la médecine de l’époque n’arrivait pas à soulager.

Ayant généreusement tarifé ses oraisons, il avait réussi à s’amasser un magot considérable, mais le doute avait commencé à s’installer dans la population car les guérisons promises tardaient à survenir.

C’est alors qu’il avait entrepris de terroriser ses élèves, les menaçant de sanctions et de sévices s’ils ne confirmaient pas ses pouvoirs miraculeux.

Les élèves s’en plaignirent et les parents – très en colère – s’apprêtaient à lui faire un mauvais sort, mais l’arnaqueur avait senti la chaleur et il réussit à s’échapper avec ses gains.



On perdit ensuite sa trace et l’évêché confirma qu’il ne faisait nullement partie du clergé.



[1] http://histoirehautrichelieu.blogspot.ca/2016/01/le-mouton-noir-de-henryville.html