mardi 13 juin 2017

VISITE ROYALE INTÉRESSÉE




En 1939, la tension internationale ne cesse de croître en Europe alors que l’Allemagne démontre son intention de venger sa défaite de 1918.

En Angleterre, on s’inquiète particulièrement de voir que dans la colonie canadienne, l’opinion publique penche massivement pour l’isolationnisme et contre une éventuelle intervention armée outre-Atlantique.

Pour contrer cet état d’esprit totalement à l’opposé des intérêts de l’empire, les autorités anglaises décident d’envoyer le couple royal en visite au Canada, dans l’espoir de fouetter un peu d’enthousiasme.

Évidemment, on n’est guère rassuré. 
  
Le nouveau roi – George VI – n’a pas du tout la prestance de l’ancien roi Édouard VII.

De plus, il s’agit d’un second choix, car il n’est devenu roi que grâce à l’abdication de son frère aîné – Édouard VIII – qui a préféré épouser une divorcée étatsunienne plutôt que de régner.

Néanmoins, il est expédié dans la colonie avec son épouse, la reine Élisabeth Première (familièrement appelée la reine-mère de nos jours).

Le couple traversera le Canada en train, fera une halte de 4 jours aux États-Unis, avant de retraverser le territoire.

Le 12 juin 1939, le couple royal s’arrête quelques instants à Saint-Jean où la foule s’est massée le long de la voie ferrée du Canadien Pacifique pour profiter de cette première visite royale en sol québécois.

La petite Suzette, fille de l'échevin Moîse Lebeau, présente le traditionnel bouquet.

L’accueil est triomphal.
 
Canada français, 15 juin 1939

Et la mission semble réussie puisque, le 10 septembre 1939, à peine 3 mois plus tard, le Canada déclarait la guerre à l’Allemagne.

mardi 6 juin 2017

Nos si belles rues et routes...




Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi notre réseau routier nous coûte si cher et qu’il dure si peu de temps ?

Selon l’Unité permanente anti-corruption (UPAC), cela tient en grande partie au fait que des entrepreneurs s’entendent entre eux pour faire grimper les prix tout en réduisant sensiblement la qualité des matériaux utilisés.


En ce mois de juin 2012, « l’opération Marteau » (bras armé de l’UPAC) a procédé à l’arrestation de onze personnes pour démanteler un réseau de collusion impliquant neuf entreprises de grands travaux à l’œuvre à Saint-Jean et la région.

Deux fonctionnaires municipaux ont même été mis aux arrêts.

Un total de 77 chefs d’accusation ont été déposés contre les prévenus…

mardi 30 mai 2017

AFFRONTEMENT MILITARO-CLÉRICAL


Fort Lennox


C’est bien connu :  les relations entre les Québécois et les envahisseurs anglais n’ont jamais été tendres.

La démonstration en a encore été faite en ce dimanche 1er juin 1862 à l’église de Saint-Paul de l’Île aux Noix.

Dans les troupes britanniques occupant le fort Lennox se trouvaient des soldats irlandais, autrement dit de «sombres papistes» qu’il fallait bien laisser aller à l’église du village…

On ne pouvait évidemment pas les laisser vaquer à leur culte tout seuls et un officier protestant les accompagnait toujours.


En ce dimanche, au moment de l’élévation de l’hostie, toute l’assistance s’agenouille sauf l’officier tout imbu de l’incomparable suffisance anglaise.

Au gendarme qui lui enjoint de respecter le rituel, il répond même avec une solide gifle et porte la main à la baïonnette à ses côtés.

Le curé Georges-Denis Lesage (curé de 1861 à 1880) intervient alors de toute urgence pour éviter un affrontement général et réussit à ramener provisoirement le calme.

Lors de rencontres subséquentes les occupants ne cèdent pas.

Plus, même… le curé Lesage, qui était auparavant autorisé à porter les sacrements aux soldats alités dans le fort est déclaré persona non grata et ne peut plus se rendre au chevet de ses fidèles.

Quand on pense que certaines bonnes âmes ont prétendu que l’invasion de notre pays avait été une véritable bénédiction…

mardi 23 mai 2017

FORT DANGEREUSE MÉPRISE ANGLAISE



Un citoyen de chez nous a bien failli être pendu en Angleterre en raison de l’incurie de la police britannique.

Le Franco-canadien du  24 mai 1867 nous raconte son équipée.

Le pauvre – dont l’identité n’a pas été révélée – rentrait d’un voyage en Allemagne via Liverpool, où il devait s’embarquer sur un transatlantique.

À peine arrivé dans le port que des constables – comme on les appelle là-bas – lui mettent la main au collet en l’accusant d’être un chef fénien très recherché.

À preuve, on a une photo du Capitaine Maurice, un des chefs féniens, et le pauvre Canadien français lui ressemble fort.

De plus, on a trouvé dans sa malle – ouverte avec quel mandat ?  On ne sait pas – une lettre adressée au Capitaine Maurice, preuve de plus de sa culpabilité.

La sanction de tout cela est la peine capitale, qui devrait être exécutée sous peu.
Les Féniens sont en effet des Irlandais fatigués de l’occupation militaire anglaise de leur pays et qui lui ont déclaré une guerre à finir.
Ses chefs sont donc activement recherchés et sévèrement punis en cas de capture.
Heureusement pour notre héros, il connaît nombre de personnages honorables en Angleterre et ceux-ci interviennent rapidement en sa faveur.
Ils expliquent qu’une simple ressemblance sur photo ne prouve absolument rien.
Quant à la lettre au Capitaine Maurice, il s’agit d’une plaisanterie.
Notre bonhomme a en effet incarné le Capitaine Maurice dans
la pièce l’Invitation à la valse d’Alexandre Dumas lors de son séjour allemand et depuis ce temps ses amis ne l’appellent plus que Capitaine Maurice, d’où la méprise.
Grâce à ces explications, les constables voient enfin la lumière et libèrent notre homme, lequel n’a rien eu de plus pressé que de quitter – peut-être définitivement – cette Angleterre si dangereuse.
   
Port de Liverpool.




mardi 16 mai 2017

LA DÉSINDUSTRIALISATION EN MARCHE.



Décidément, Saint-Jean aura perdu un fort nombre d’usines au cours de sa longue histoire.
 
Un tel épisode s’est presque encore produit en 1877, alors que la St Johns Glass Company, fondée à peine deux ans plus tôt, déclarait faillite.
David Yuile


Une période de grâce lui a cependant été accordée quand les deux principaux créanciers, les frères William et David Yuile en prirent possession pour la valeur de leur créance.


Relancée sous le nom de Excelsior Glass Company, elle employait alors jusqu’à 200 personnes, mais les nouveaux propriétaires n’appréciaient guère la région de Saint-Jean.
 
Biberon frabriqué par la Excelsior.

Les élus de Saint-Jean et d’Iberville eurent beau multiplier les promesses d’aide et de facilités diverses, la décision fut prise, dès 1879, de déménager l’entreprise rue de Lorimier, à Montréal, où elle fusionna avec une verrerie de Joseph Barsalou pour devenir la Dominion Glass.


Les emplois et les équipements ont suivi, laissant Saint-Jean avec une nouvelle friche industrielle et lui laissant enregistrer une nouvelle perte dans sa bataille économique contre Montréal.